Association humanitaire

Le CER de La Garderie de Miran accueille depuis 2010 des mineurs délinquants multirécidivistes, en grande difficulté ou en voie de marginalisation placés par l'autorité judiciaire en application de l'ordonnance du 02 février 1945, lors de sessions de quatre mois et demi.
 
Après une première visite de contact, les mineurs sont admis au CER pour une session sans retour au domicile, ceci afin de créer une réelle rupture avec leur environnement social et familial.
Après une période d'observation d'un mois, le groupe de mineurs accompagné par 4 éducateurs part pour un séjour de rupture de début de session d'une semaine afin de créer une vraie cohésion de groupe et un réel lien entre les mineurs et les adultes de l'équipe éducative. Ce temps, à travers l'effort demandé (randonnée en montagne par exemple) permet aux mineurs d'exprimer leurs difficultés et de faire naître une réflexion sur leur situation personnelle.
Un deuxième séjour éducatif de fin de session axé sur des actions d'éco citoyenneté est réalisé dans le but d'évaluer l'autonomie et l'évolution de chacun dans un milieu différent que celui du CER et vient valoriser le parcours des mineurs durant leur placement.
Durant la session, de nombreux supports et projets éducatifs sont mis en place pour aider les mineurs à évoluer de manière positive, afin qu'ils puissent élaborer un projet de vie et un projet scolaire ou professionnel à leur sortie.
L'enseignement scolaire et la formation professionnelle sont des pôles indispensables à tout travail éducatif visant une intégration sociale. Les mineurs accueillis au CER sont en très grande majorité, déscolarisés et sans projet professionnel. Durant la session, le travail de l'association est d'élaborer avec eux ce projet afin de leur permettre de se projeter dans un avenir proche au sortir de l'établissement. Il convient de baliser autant que possible, à travers des formations, des stages, des rendez-vous avec des dispositifs d'insertion, le retour dans leur milieu d'origine afin de prévenir la récidive en donnant du contenu à leurs journées. Ce travail permet de les sécuriser, de les rassurer en élaborant avec eux et leurs responsables légaux un projet de vie cohérent.
La scolarisation n'est pas une priorité pour la plupart des mineurs, mais nous constatons que durant le placement, un bon nombre d'entre eux est demandeur de cet appui scolaire et investit ce temps de manière assidue. Ceci renforce dans l'idée de la nécessité de maintenir ce temps d'éducation durant la session.
Chaque jeune bénéficie donc d'une demi-journée scolaire par semaine, alternant tous les 15 jours une prise en charge en sous-groupe ou en individuel. L'éducateur scolaire est donc chargé d'organiser et de mettre en place des évaluations en début de session afin de déterminer le niveau et les compétences de chacun. Cela permet par la suite d'individualiser le travail et les exercices proposés en adaptant une pédagogie appropriée. Pour certains, il s'agira de travailler sur les fondamentaux et les acquis de base, pour d'autres de reprendre et consolider des connaissances et un savoir fragiles.
 
Le niveau de chaque mineur est différent et disparate, cela nécessite donc une adaptation et une individualisation de la prise en charge importante afin de pouvoir répondre aux besoins de chacun. Cela permet également à l'éducateur scolaire, en lien avec l'équipe éducative, de pouvoir travailler sur un projet de formation accessible et d'orienter les mineurs vers un projet adapté. Pour cela, l'éducateur scolaire et les éducateurs référents peuvent s'appuyer sur des organismes de formation ou d'insertion extérieurs susceptibles de prendre le relais après la session. Pour cela, des rencontres avec le CAD (Centre d'Aide à la Décision) ou avec La Mission Locale sont réalisées au cours de la session.
L'important est donc d'amener ces jeunes dans une dynamique d'acquisition des connaissances et des savoirs, de développer chez eux ce désir d'apprendre et de s'instruire afin d'en ressentir le besoin pour une future formation scolaire ou professionnelle.
Le CER n'a pas vocation à dispenser de formation qualifiante, cependant ces temps en ateliers professionnels prennent une place importante au quotidien dans l'organisation de la journée. Ces ateliers d'entretien des espaces verts, de petits travaux du bâtiment et de cuisine ont pour but de pouvoir susciter un intérêt professionnel dans ce domaine chez les mineurs. Pour le moins, ils auront de toute manière permis de leur faire découvrir partiellement ces secteurs d'activités, de pouvoir échanger et y réfléchir avec eux.
Les éducateurs sont lors de ces moments, dans «le faire avec» et permettent aux mineurs d'acquérir un savoir-faire ainsi que des techniques spécifiques leur donnant la possibilité d'évoluer et de progresser dans les tâches demandées. Cela demande aux mineurs de l'attention, de la concentration, pour apprendre à se servir des différents outils et respecter les consignes demandées. Là encore, ces ateliers s'effectuent par petits groupes ce qui permet un meilleur investissement de chacun.
Ces temps sont aussi et surtout l'occasion pour chacun de produire un travail et des réalisations concrètes, d'acquérir le goût de l'effort et d'être valorisé au travers des tâches effectuées. C'est aussi construire pour se reconstruire.
 
Ces compétences acquises peuvent également, au cours de la session, permettre à ces mineurs de rendre des services aux habitants à travers de petites tâches à réaliser, ce qui, au-delà du lien social qui se crée, permet une valorisation indispensable à la mise en place de leurs projets futurs.
Pour mettre en application les compétences acquises, consolider un véritable intérêt dans un domaine professionnel et/ou découvrir un tout autre secteur, les mineurs, pour ceux qui en ont les capacités, peuvent effectuer un stage en fin de session dans une entreprise voisine. Ils sont ainsi mis en véritable situation de travail et ont la possibilité de se confronter directement avec le monde du travail.
Afin de compléter les connaissances transmises et d'étoffer le bagage technique et théorique des mineurs accueillis, certaines formations qualifiantes sont organisées en cours de session. Les mineurs participent par exemple à la formation au brevet de secourisme dispensée par la SNSM et sanctionnée par le diplôme de premier secours civique de niveau 1. De même, le brevet de sécurité routière peut être mis en place pour les besoins de certains. Ils participent également à une rencontre avec l'association ALIS 36 et peuvent échanger sur les maladies sexuellement transmissibles, de même avec l'ANPAA où une sensibilisation aux différentes addictions est abordée.
Les activités sportives sont aussi un support important dans la prise en charge. En dehors des deux après-midi par semaine où deux éducateurs sportifs animent des ateliers de sport, plusieurs temps de week-end et de soirée sont consacrés à la pratique sportive. Ces activités, au-delà des valeurs qu'elles transmettent (dépassement de soi, solidarité, respect) contribuent à développer chez les mineurs accueillis une hygiène de vie et corporelle de qualité.
L'orientation en CER arrive à un moment compliqué dans la vie d'un mineur. Tous ont mis en échec les tentatives de prise en charge ordonnées par les magistrats suite aux délits commis. Ce temps de rupture a pour but de les remobiliser en les coupant de leur milieu. Le but est de provoquer un changement en les inscrivant dans un contexte cadrant afin de les amener à être ce qu'ils devraient être : des jeunes capables de respecter des règles, un cadre et aussi à les amener à se projeter dans l'avenir.
La mission principale de l'association, en accueillant ces mineurs placés au pénal, est de prévenir la récidive, de travailler sur les délits commis, de faire naître une notion de culpabilité et de faire émerger de l'empathie vis-à-vis des victimes.
 
Pour cela à travers de nombreux entretiens éducatifs avec les éducateurs référents et l'ensemble de l'équipe éducative, les jugements à venir sont préparés et une aide est apportée à ces mineurs en vue de les responsabiliser, leur faire comprendre le sens et le contenu des décisions judiciaires qui sanctionnent les actes commis.
Ce travail est fait en collaboration avec les éducateurs de la PJJ qui sont chargés de faire appliquer des mesures judiciaires concernant les mineurs avant, pendant et après le placement en CER. Pour cela l'association les rencontre lors de 2 réunions de synthèse durant la session pour faire le point et préparer au mieux la sortie.
Dans l'Indre : accueil de jeunes - ADIASEAA - association humanitaire
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